Lettre Maitre Moreau


Lettre Maitre Alain Moreau 2000

Alain MOREAU

Président de l’ I.I.H.N
Vice Président de l’A.F.H.J.

2000
Paris, France

 

Chers Confrères,

L’une des forces du notariat est fille de son unité, internationalement et pleinement vécue, au delà de l’origine et de la diversité de ses composantes.

Une autre résulte de sa pérennité, A travers des formes certes diversifiées mais sans cesse améliorées et en progrès, il est ancré dans le temps.

Une troisième vient de la valeur de ceux qui, par la fonction notariale servent le public, tant, selon le mot célèbre de Jean Bodin, « il n’est de richesse que d’hommes »

Au premier rang des meilleurs d’entre eux est Sefrioui Houcine. A d’autres qualités remarquables, au premier rang desquelles énergie et organisation, il joint celles d’historien et d’écrivain excellent, dans la version française de ses divers ouvrages.

Par le livre que voici, il entend faire partager a ses confrères comme au public sa connaissance – vaste et érudite – du notariat marocain d’hier et d’aujourd’hui et de celui, andalou, qui en constitue l’une des sources en même temps qu’un pont entre la pensée islamique des six premiers siècles de l’hégire et celle de l’Europe médiévale.

Il est de ceux, en effet, qui soutiennent avec raison que la compréhension du présent ne peut se concevoir sans la connaissance du passé, qui seul l’éclaire. Il l’a prouvé par sa participation aux travaux de l’Institut International d’Histoire du Notariat et par ses publications dans la revue le Gnomon. Il serait nécessaire qu’une approche si intelligente devienne celle de tous et que, notamment, l’ensemble du corps notarial fasse sienne cette démarche évidente.

Par l’analyse historique, méthode excellente s’il en est, Sefrioui Houcine en vient au statut comme à la problématique, a la déontologie comme à la philosophie qui régentent ou devraient régenter le notariat, marocain ou exogène.

Une démarche si remarquablement entreprise ne peut qu’être encouragée et soutenue. Par elle l’auteur aborde aussi aux rives de l’avenir, tout en déférant au verset ;

« Une bonne parole est un arbre dont les racines sont solidement fixées dans la terre et dont les rameaux s’élèvent dans les cieux »
(le Coran, sourate XIV verset 29).

Bien plus, sa référence a Averroès au lecteur la difficulté mais aussi la nécessité de faire coexister une pensée opposant foi et raison et une autre-celle de Thomas d’Aquin- voulant les fusionner, contre-verse dont on rencontre les conséquences jusque dans le domaine du droit.

Un tel ouvrage ne peut donc qu’être bienvenu, a culturelles, s’amorce un rapprochement entre le Maroc et l’Europe.

La connaissance du notariat, dont la force ultime et essentielle est sa nécessité sociale, ne peut qu’y gagner.

Que Sefrioui Houcine en soit remercié.


Alain MOREAU
Président de l’ I.I.H.N
Vice Président de l’A.F.H.J.

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